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Seth Partridge (2003)
(Extrait de Spanner, magazine du CFCP, volume 6, no 5, 1985 –, reproduit avec l'aimable autorisation des Archives Canadien Pacifique)

Les actes héroïques des hommes du Canadien Pacifique sur terre, en mer et dans les airs, en temps de paix comme en temps de guerre, écrivent le mot courage en lettres d'or dans le livre d'histoire de notre Compagnie. Pourtant, peu d'hommes se sont retrouvés dans une situation aussi périlleuse que J. S. (Seth) Partridge, dont le geste héroïque en 1925 en a fait une légende de son vivant.

Seth Partridge lit ses ordres de marcheC'était une de ces nuits chaudes et humides du mois d'août. L'aide-mécanicien Seth Partridge et le mécanicien Bill Adamson s'en allaient à Lake Louise pousser un lourd convoi marchandises. L'humidité se déposait sur le sous-bois; à l'occasion, de petites roches ou des débris tombaient avec fracas sur les voies. Avec cette indéfinissable intuition propre aux cheminots de montagne expérimentés, les deux hommes sentaient venir un glissement de terrain ou un affouillement.

La locomotive avait franchi les deux tunnels hélicoïdaux et se trouvait sur la voie supérieure, toujours en montée. Les cheminots se rendirent compte, presque avant le fait, qu'un glissement de terrain s'était déclenché au sommet du mont Cathedral. La haute montagne était sur le point de se déchaîner et de semer la dévastation.

Parce qu'ils connaissaient le territoire, les deux hommes savaient quelle trajectoire l'immense masse allait emprunter : elle dévalerait la montagne jusqu'à la voie inférieure entre les deux tunnels, puis jusqu'à la gare et à la maison de canton de Yoho abritant des gens endormis.

M. Partridge sauta de la locomotive pour aller avertir les gens de Yoho, malgré les mises en garde répétées de son mécanicien : « N'y va pas, tu vas te faire tuer. »

De peine et de misère, M. Partridge descendit le long de la pente abrupte, s'écorchant la peau et déchirant ses vêtements sur les buissons. Il perdit pied et se blessa, mais se releva et reprit sa course.

Il arriva à temps. Il réveilla les gens de Yoho qui purent ainsi se mettre à l'abri juste quelques secondes avant que le glissement de terrain n'emporte tout sur son passage. Quelques semaines plus tard, le magazine Liberty raconta son histoire sous le titre « Acte de bravoure du mois » et lui donna un prix en argent de 1 000 $. La Royal Humane Society lui décerna sa médaille d'or, qui lui fut remise par E. W. Beatty, alors président du CFCP, à l'hôtel Palliser. Il fut immédiatement promu, mais revint très rapidement à la conduite des locomotives, son poste préféré.

M. Partridge, qui a pris sa retraite le 1er août 1952, était entré à la Compagnie comme nettoyeur de locomotives en 1907 et devint aide-mécanicien en 1908. Durant la Première Guerre mondiale, il a servi en France comme cheminot, au sein du 230th Construction Corps. Peu avant son départ à la retraite, il a agi comme mécanicien à bord du train royal conduisant Son Altesse Royale la princesse Elizabeth, qui allait bientôt être couronnée reine. Il s’est vu attribuer 78 bons points au cours de sa carrière.

Aujourd'hui, près des tunnels hélicoïdaux, la voie d'évitement Partridge est l'un des principaux points de commande centralisée de la circulation dans les Rocheuses. On y trouve deux guérites de signalisation débordant de matériel assurant la sécurité et l'efficacité du contrôle de la marche des trains. La voie d'évitement a été nommée en l'honneur de M. Partridge et le panneau indicateur de gare affiche son nom.

M. Partridge est décédé depuis, mais le panneau indicateur de gare est resté – pour commémorer ce héros ferroviaire canadien et l'incroyable exploit qu'il a accompli en ce jour du mois d'août 1925.

Photo: CFCP

 
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